En ce week-end des 19 et 20 septembre, la troupe « du jeudi » a fait honneur à Guitry et à Labiche ! Le public s’est en effet laissé entraîner avec délectation dans les histoires d’adultères, de jalousie, d’argent concoctées par ces deux génies du théâtre comique français, et a su pleinement apprécier leurs dialogues savoureux, grâce à l’énergie et au talent des comédiens et des comédiennes sur scène.
Il s’agissait donc de représenter trois saynètes de Guitry puis une pièce d’un acte de Labiche : « Le KWTZ » tout d’abord mettait en scène un couple adultère faisant le choix, le mari trompé étant au courant de leur relation, d’en finir purement et simplement… avec leur vie (!) en avalant ensemble du poison (moussant !). On flirtait déjà avec l’absurde… Mais finalement rien ne fut simple pour ces Roméo et Juliette de pacotille, et si un instant les deux protagonistes se laissèrent prendre par le romantisme de l’acte funeste programmé, c’est l’envie de vivre qui reprit finalement le dessus… « Deux couverts » ensuite, peignait les affres d’un père veuf et « très maternel », en attente des résultats du baccalauréat de son fils. Si ce dernier, peu concerné par l’examen auquel il venait d’échouer et plus motivé à faire la fête, se faisait douloureusement attendre, la maitresse attitrée à laquelle ce père attachant et protecteur avait interdit de venir en ce jour solennel, sans préciser la raison de cette interdiction, surgit en proie à une jalousie bien concevable… Le public constatait alors comment on peut passer à côté d’une vie épanouie parce qu’on refuse de voir que les liens filiaux, autrefois si forts et existentiels, se distendent inexorablement avec les années. Suivit « Villa à vendre » montrant à voir Julien, un homme d’affaire connaissant quelques problèmes d’argent et décidant de vendre sa petite villa proche des studios de cinéma de Joinville-le-Pont. Cette dernière industrie était à l’époque en plein essor et semblait faire la fortune de beaucoup jusqu’à Emile, le propre domestique de Julien. Des visiteurs, Jeanne et Gaston, potentiels acheteurs, se présentèrent alors, Madame venant visiter avec enthousiasme la villa, et Monsieur rechignant… Mais là encore Guitry nous avait réservé un twist malicieux où les cartes furent rebattues, les rôles redistribués et les gains démultipliés… Beaucoup d’amusement, et… l’être humain ne ressortait pas grandi de cette histoire ! Enfin, après l’entracte, la soirée théâtrale se termina par « Un garçon de chez Véry » de Labiche donc, enlevée avec énergie et un bon rythme par les comédiens et les comédiennes présents sur scène, montrant Mme et Mr Gallimard, petits bourgeois vivant une vie de couple où l’amour s’en était allé, et Alexandre aussi, spahi, hébergé chez le couple pour un moment et non insensible aux charmes de sa cousine Mme Gallimard, ayant tenté de conduire cette dernière à la faute Chez Véry, un lieu où les couples adultères aimaient s’adonner à des plaisirs coupables dans des petits cabinets. Lieu où Mr Gallimard s’était lui aussi laissé entrainer pour y rencontrer de jolies femmes … le même soir !… Par chance, ils ne s’y croisèrent pas. Mais voilà… le couple s’apprête à embaucher à leur service un certain Antony… un ancien, charmant et talentueux garçon de Chez Véry ! Et là… forcément…
Un grand bravo à la troupe du jeudi ainsi qu’à Bérangère Jean et sa toujours excellente mise en scène, grâce à qui le public a passé un très bon moment : léger et joyeux ! Un merci particulier à Alain Wilmet pour la régie lumière et plus généralement la technique, ainsi qu’aux bénévoles de l’association dont l’assistance reste toujours indispensable.
Alors on peut le dire : le Théâtre du Carrillon a lancé sa saison !





Merci à Céline ROUSSEL et à Dominique BOULÉ pour les photos
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