Il était une fois en Chevreuse

Sous l’ombrage du fier castel de Chevreuse, en la haute vallée de ce même nom, où les vents chuchotent des légendes anciennes, résidaient en paix Monseigneur Paginet et sa noble épouse, Dame Paginet. Leur existence, douce et prospère, était servie par la loyale Joséphine, dont la bonté égalait la dévotion.

Dame Paginet, dame de cœur et de miséricorde, était chérie de tous pour son inlassable sollicitude envers les orphelins du comté, qu’elle nourrissait et protégeait comme une mère attentionnée. Monseigneur Paginet, lui, homme d’esprit plus que de guerre, occupait la plupart de son temps aux arcanes de la science. Mais hélas ! Son âme fut peu à peu rongée par une ambition démesurée : il convoita les honneurs du Roy de France, un titre, un ruban, qui scelleraient sa gloire aux yeux du royaume. Et cette soif de reconnaissance le poussa à commettre l’impardonnable : sacrifier sa propre nièce, qu’il chérissait pourtant, sur l’autel de son orgueil.

Mais c’était sans compter sur l’astuce et la détermination de la jeune fille. Par ruse et courage, elle déjoua les plans de son oncle, qui voulait, pour atteindre son dessein, la marier de force au Chevalier Plumarel, homme influent mais aux mœurs troubles, proche du Roy. Son ingéniosité sera-t-elle suffisante pour réussir aussi à épousailler à la place le jeune et noble Damoiseau Dardillon dont elle était éprise, et dont le cœur était pur, l’amour sincère et l’esprit quelque peu brumeux ?

Leurs destins croisés furent semés d’embûches : retournements de fortune, rencontres inattendues avec la tentatrice Targinette, le puissant scribe Rasanville, et son fameux regard à la taupe perçante, ou encore la réputée trouvère Patrigeot, pucelle au chant envoûtant. Les tensions du Seigneur avec la perfide belle-soeur Damoiselle Livergin ajoutèrent encore à la complexité de leur quête.

Ce récit, aussi palpitant qu’édifiant, fut conté à la population de Chevreuse en ce jour mémorable de l’an de grâce deux mille vingt-six, au dix-septième jour d’avril, par les troubadours Du Rire aux Larmes, sous l’égide du renommé ménestrel Paul Dureau et de Madame le Maistre de Chevreuse, avec la bénédiction du conseil municipal. La mise en scène fut assurée comme d’habitude d’une main de maitre par Dame Bérangère Jean et la création technique, les décors et la régie par Monseigneur Alain Wilmet. Les gradins, remplis à craquer, vibraient sous les applaudissements nourris et les louanges du public, ravi par tant de merveilles.

Ainsi s’écrit l’histoire de la ruse triomphante, de l’amour sincère, et des sombres desseins déjoués, pour la plus grande gloire de Chevreuse et de ses habitants.

Que cette légende soit contée et recontée, pour l’émerveillement des générations futures !

La soirée s’acheva en liesse, autour d’un festin somptueux, préparé avec soin par les hôtes, autour de moultes viandes, vins, gratins, pleurotes et autres desserts sucrés.

Les troubadours remercient chaleureusement leurs hôtes pour leur attention, leur accueil bienveillant, par tant de bonté et tant d’esprit de partage. Cette soirée restera gravée dans leur coeur à n’en pas douter !

L’ensemble de ceux-ci s’associent pour souhaiter longue vie à ce jeune théâtre Michel Audiard où se sont dits ces épiques récits, et vive la culture !

Château de la Madeleine à Chevreuse